Vous quittez la micro-entreprise pour l’EURL, ou vous démarrez directement en entreprise individuelle au réel ? Oubliez le pourcentage de chiffre d’affaires. Pour les cotisations sociales indépendant TNS, le calcul porte sur votre bénéfice, avec des taux par tranche, des minimums, des acomptes et une régularisation l’année suivante. Pour mesurer l’écart avec le régime micro, commencez par notre comparatif micro-entreprise ou portage salarial. Ici, on déroule la mécanique, les repères 2026 et un exemple chiffré, pour que la facture ne vous tombe pas dessus par surprise.
En micro-entreprise, vous appliquez un taux fixe à votre chiffre d’affaires et vous payez ce que vous avez encaissé. Sans facture, rien à payer. C’est simple, et c’est ce qui attire tant de débutants vers la micro.
Au réel, c’est l’inverse. On part de votre bénéfice, ce qui reste une fois les charges professionnelles déduites, et on y applique plusieurs cotisations, chacune avec son taux et sa règle. Vous pouvez donc traverser un mois sans facture et devoir quand même payer.
Il y a aussi le décalage dans le temps. Vos cotisations ne suivent pas ce que vous gagnez aujourd’hui : elles reposent sur ce que vous avez déclaré, puis sur un ajustement après coup.
Le statut de travailleur non salarié (TNS) s’explique simplement : vous n’avez pas de bulletin de paie, donc vous cotisez vous-même, via l’Urssaf, pour votre protection sociale. Il vise l’entrepreneur individuel sorti de la micro ou passé au réel, et les dirigeants qui contrôlent leur société : gérant associé unique d’EURL, gérant majoritaire de SARL.
Pour un gérant d’EURL, tout dépend de l’impôt choisi. À l’impôt sur le revenu, l’assiette est votre bénéfice. À l’impôt sur les sociétés, elle se compose de votre rémunération, des charges sociales qui s’y ajoutent et d’une part de dividendes : la fraction qui dépasse 10 % du capital social et du compte courant d’associé. Si vous hésitez encore sur la forme juridique, notre article sur l’EURL pour entreprendre seul en présente les avantages et les limites.
Dans les deux cas, vous bénéficiez d’une protection sociale de dirigeant, avec par exemple des indemnités journalières en cas d’arrêt. Leur fonctionnement est expliqué dans ce que vous verse la Sécu pendant un arrêt maladie.
La réforme de l’assiette, votée dans la loi de financement de la sécurité sociale pour 2024, aligne la base des cotisations sur celle de la CSG-CRDS. Concrètement, un abattement forfaitaire de 26 % s’applique à votre revenu professionnel. Cet abattement ne peut être inférieur à 1,76 % du PASS ni supérieur à 130 % du PASS.
La réforme s’applique à partir de la régularisation des cotisations 2025, donc après votre déclaration de revenus déposée au printemps 2026. En 2025, les anciennes règles ont continué de s’appliquer, d’après LégiFiscal.
Les taux bougent aussi. La retraite de base passe à 17,87 % jusqu’au PASS (contre 17,75 %), et la retraite complémentaire à 8,1 % (contre 7 %). Le taux plein de la maladie est harmonisé à 8,5 %. En clair, plus de cotisations vont vers votre retraite et moins vers la CSG. Le prélèvement global ne doit pas augmenter, mais l’effet varie d’un profil à l’autre : en cas de doute, demandez une réponse écrite à l’Urssaf.
Le calcul tient en quatre étapes. Vous partez de votre revenu professionnel, c’est-à-dire votre bénéfice avant cotisations. Vous retirez l’abattement de 26 % pour obtenir votre revenu abattu. Vous appliquez ensuite à cette base le taux de chaque cotisation. Si le total tombe trop bas, les minimums prennent le relais.
Voici les taux 2026 pour un artisan, un commerçant ou une profession libérale non réglementée, d’après les tableaux de l’Urssaf repris par Weblex : maladie progressive de 0 % à 8,5 % selon le niveau de revenu, indemnités journalières à 0,50 %, retraite de base à 17,87 % jusqu’au PASS, retraite complémentaire à 8,1 % puis 9,1 % au-delà, invalidité-décès à 1,30 % et CSG-CRDS à 9,70 %. Les allocations familiales ne sont dues qu’au-delà de 110 % du PASS.
Les cotisations minimales jouent si votre revenu est faible ou votre résultat déficitaire : 967 € de retraite de base, 96 € d’indemnités journalières et 72 € d’invalidité-décès, soit 1 135 €. La contribution à la formation professionnelle s’y ajoute (120 € pour un commerçant, 139 € pour un artisan).
L’Urssaf n’attend pas que votre bénéfice soit connu pour vous réclamer de l’argent. Elle demande des cotisations provisionnelles, par mensualités ou par trimestres, calculées sur un revenu estimé à partir de votre situation connue.
Quand votre revenu de l’année est déclaré aux impôts, la régularisation arrive. Selon impots.gouv.fr, après votre déclaration de revenus 2025, l’Urssaf recalcule vos cotisations provisionnelles 2026 et solde les cotisations définitives 2025. Elle vous envoie ensuite un échéancier actualisé.
Deux cas se présentent. Si votre bénéfice a augmenté, vous payez un complément, parfois lourd, en plus des nouveaux acomptes. S’il a baissé, l’Urssaf vous rembourse ou réduit vos appels futurs. Le piège, ce sont les bonnes années : un entrepreneur qui double son bénéfice garde des acomptes calibrés sur l’ancien niveau et doit régler le solde d’un seul coup. Autant le savoir avant de planifier vos dépenses.
Prenons un entrepreneur au réel qui ne dépasse pas le PASS. Ces montants sont des estimations : nous avons appliqué les taux 2026 cités plus haut, en interpolant la cotisation maladie entre les bornes de ses tranches. Votre montant exact peut différer, notamment selon votre activité.
| Bénéfice avant cotisations | 30 000 € | 60 000 € |
|---|---|---|
| Revenu abattu (-26 %) | 22 200 € | 44 400 € |
| Maladie-maternité (estimation) | environ 505 € | environ 2 495 € |
| Indemnités journalières | 111 € | 222 € |
| Retraite de base | 3 967 € | 7 934 € |
| Retraite complémentaire | 1 798 € | 3 596 € |
| Invalidité-décès | 289 € | 577 € |
| CSG-CRDS | 2 153 € | 4 307 € |
| Total estimé | environ 8 820 € (29 %) | environ 19 130 € (32 %) |
Retenez l’ordre de grandeur : prévoyez 30 à 32 % de votre bénéfice pour vos cotisations, hors formation professionnelle. Et si votre bénéfice passe de 30 000 à 60 000 € d’une année sur l’autre, la régularisation peut vite se chiffrer en milliers d’euros.
Premier réflexe : mettez de côté chaque mois une part de ce que vous encaissez. Sur un compte dédié, vous ne dépensez pas par mégarde un argent qui n’est pas encore à vous. Un tiers du bénéfice est une règle de prudence simple, en phase avec l’exemple précédent. Si l’année est moins bonne, vous récupérez la différence ; si elle est meilleure, vous êtes prêt.
Deuxième levier : la modulation. Depuis votre espace en ligne, vous ajustez vos acomptes à votre activité réelle, en payant plus les mois chargés et moins les mois creux. Selon Previssima, l’expérimentation a été prolongée jusqu’au 31 décembre 2027 : vérifiez sur votre espace Urssaf qu’elle est ouverte à votre cas.
Conseil : si votre bénéfice grimpe nettement, signalez-le à l’Urssaf au lieu d’attendre la régularisation, et versez un tiers de chaque encaissement net sur un compte séparé. Le coût sera lissé sur l’année.
Troisième piste : certains contrats facultatifs de retraite ou de prévoyance sont déductibles et peuvent réduire votre bénéfice imposable. Faites valider le choix par votre comptable avant de vous lancer.
Première erreur : croire que les cotisations suivent le chiffre d’affaires du mois. Elles suivent un revenu annuel, avec un décalage. Deuxième erreur : oublier que les minimums s’appliquent même en année creuse ou déficitaire.
Troisième piège : déclarer ses revenus en retard. Tant que la déclaration n’est pas faite, l’Urssaf ne peut pas recalculer correctement vos cotisations. Enfin, beaucoup de nouveaux gérants oublient leurs dividendes : dans une société à l’IS, la part qui dépasse 10 % du capital et du compte courant est soumise à cotisations.
Côté calendrier, trois étapes : le dépôt de votre déclaration de revenus au printemps, la régularisation qui suit, puis le nouvel échéancier. N’oubliez pas non plus votre contribution à la formation professionnelle, payable en novembre 2026.
Au réel, vos cotisations suivent votre bénéfice : des acomptes d’abord, une régularisation ensuite. Vous avez maintenant les taux 2026, les minimums et l’ordre de grandeur, soit 30 % environ de votre bénéfice.
Ouvrez votre espace Urssaf, regardez vos appels en cours et comparez-les à votre bénéfice estimé de l’année. Si l’écart vous surprend, ajustez vos acomptes et programmez dès aujourd’hui votre virement mensuel de provision.
Comptez entre 30 et 32 % de votre bénéfice avant cotisations, hors formation professionnelle. Ce chiffre bouge selon votre revenu et votre activité, mais c’est une bonne base de provision.
Oui. Des cotisations minimales s’appliquent même avec un résultat faible ou déficitaire : 967 € de retraite de base, 96 € d’indemnités journalières et 72 € d’invalidité-décès, soit 1 135 € par an.
Après le dépôt de votre déclaration de revenus. L’Urssaf solde alors les cotisations définitives de l’année précédente, recalcule vos acomptes de l’année en cours et vous envoie un nouvel échéancier.
Oui, par la modulation depuis votre espace Urssaf, si votre cas y est éligible. Vous baissez vos appels les mois creux, mais gardez de la trésorerie pour la régularisation.
Sources
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