Article mis à jour le 14 octobre 2026
La micro-entreprise, encore souvent appelée auto-entreprise, permet de démarrer seul avec des démarches et une gestion allégées. Elle convient bien à une activité de service, à la vente de produits ou à un projet mené en parallèle d’un emploi. Mais ce n’est ni une société ni une formule sans règles : le micro-entrepreneur reste un entrepreneur individuel, doit déclarer ses recettes et surveiller ses seuils. Voici comment savoir si ce régime correspond à votre projet et comment l’utiliser sans mauvaise surprise.
Depuis 2016, le terme officiel est micro-entrepreneur. « Auto-entrepreneur » désigne le même régime dans l’usage courant. Juridiquement, vous exercez en votre nom propre : vous créez une entreprise individuelle et bénéficiez, si votre activité et votre chiffre d’affaires le permettent, d’un régime social et fiscal simplifié.
Il n’y a donc ni capital social à déposer, ni statuts à rédiger, ni associé à faire entrer. Vous prenez les décisions seul et les recettes de l’activité sont les vôtres. Depuis la réforme de l’entreprise individuelle, les patrimoines professionnel et personnel sont séparés par principe, sous réserve des exceptions prévues par la loi. Pour comprendre le cadre général, consultez aussi notre guide sur l’entreprise individuelle : définition et fonctionnement.
La micro-entreprise peut être choisie pour une activité commerciale, artisanale ou libérale autorisée. Certaines professions sont exclues ou exigent des conditions particulières : activités agricoles relevant de la MSA, professions juridiques et de santé réglementées, activités immobilières soumises à une carte professionnelle ou encore certaines activités artistiques. Avant de vous immatriculer, vérifiez les règles propres à votre métier, notamment les qualifications ou assurances obligatoires.
Ce régime est souvent adapté pour tester une offre, facturer ses premières missions, exercer une activité de conseil ou vendre des produits avec un niveau de charges maîtrisé. Il peut aussi se cumuler, sous conditions, avec un emploi salarié, des études, la retraite ou une indemnisation chômage. Dans tous les cas, il faut respecter son contrat de travail, l’obligation de loyauté envers son employeur et les règles liées à son activité principale.
Son intérêt tient surtout à sa lisibilité : vous déclarez le chiffre d’affaires réellement encaissé, chaque mois ou chaque trimestre, puis l’Urssaf calcule les cotisations au pourcentage. Lisez d’abord notre article sur la définition du chiffre d’affaires : c’est le montant qui sert de base à presque toutes les obligations du micro-entrepreneur, et non votre bénéfice ni ce qui reste sur votre compte bancaire.
En revanche, le régime devient moins confortable lorsque l’activité nécessite beaucoup d’achats ou des investissements importants. Un créateur qui achète des stocks, un artisan qui renouvelle souvent son matériel ou un professionnel qui parcourt beaucoup de kilomètres ne peut pas déduire ses dépenses réelles de son chiffre d’affaires. L’impôt est calculé après un abattement forfaitaire, quel que soit le montant de vos frais. Faites donc un budget simple avant de choisir : chiffre d’affaires prévisionnel, achats, cotisations, impôt, assurance, banque, logiciels et CFE.
La déclaration de début d’activité se fait en ligne sur le guichet unique des formalités d’entreprises. Préparez une pièce d’identité, votre adresse, la description précise de l’activité, la date de début souhaitée et, selon le cas, les justificatifs de qualification ou d’autorisation. Le guichet transmet ensuite les informations aux organismes compétents. Vous recevez notamment un numéro SIREN et un SIRET.
Lors de la création, choisissez avec attention la périodicité de déclaration du chiffre d’affaires, mensuelle ou trimestrielle. Le mensuel donne une vision plus régulière de la trésorerie ; le trimestriel limite les déclarations, mais demande de mettre de côté l’argent correspondant. Même en l’absence de recette, la déclaration reste obligatoire et doit indiquer 0.
Un compte bancaire dédié à l’activité devient obligatoire si le chiffre d’affaires dépasse 10 000 € pendant deux années civiles consécutives. Il ne s’agit pas nécessairement d’un compte professionnel payant, mais séparer les flux dès le départ reste une bonne habitude : elle simplifie les déclarations, les factures et le suivi de la rentabilité. Pensez également au livre des recettes et, pour une activité de vente, au registre des achats.
Les cotisations sociales sont proportionnelles au chiffre d’affaires encaissé. Les taux varient selon la nature de l’activité. En 2026, ils s’élèvent notamment à 12,3 % pour la vente de marchandises, 21,2 % pour les prestations de services artisanales ou commerciales et 25,6 % pour les activités libérales relevant du régime général. D’autres taux s’appliquent à la Cipav, à certaines locations meublées et aux bénéficiaires de l’Acre. Ces pourcentages évoluent : vérifiez toujours le taux correspondant à votre code d’activité sur le site de l’Urssaf avant de fixer vos prix.
Pour l’impôt sur le revenu, le bénéfice imposable est déterminé par un abattement forfaitaire sur le chiffre d’affaires : 71 % pour la vente, 50 % pour les prestations de services BIC et 34 % pour les activités BNC. Selon votre revenu fiscal de référence et votre situation, vous pouvez demander le versement libératoire : l’impôt est alors payé en même temps que les cotisations, à un taux de 1 %, 1,7 % ou 2,2 % selon l’activité. Cette option est pratique pour lisser les paiements, mais elle n’est pas avantageuse dans toutes les situations.
La TVA mérite une attention particulière. La franchise en base dispense de facturer et de déclarer la TVA, mais elle interdit aussi de récupérer la TVA sur les achats. La mention « TVA non applicable, art. 293 B du CGI » doit figurer sur les factures lorsque vous en bénéficiez. Les seuils de TVA ne sont pas les plafonds de la micro-entreprise : en 2026, le seuil de base est de 85 000 € pour les ventes et de 37 500 € pour les services, avec des seuils majorés de 93 500 € et 41 250 €. Consultez notre article dédié à la TVA et son fonctionnement avant de choisir vos prix ou d’investir dans du matériel.
Pour rester au régime micro en 2026, votre chiffre d’affaires annuel hors taxes ne doit pas dépasser 203 100 € pour une activité de vente de marchandises, de fourniture de logement ou d’hébergement, et 83 600 € pour les prestations de services et les activités libérales. En cas d’activité mixte, le plafond global de 203 100 € s’applique, tandis que la part des services doit rester sous 83 600 €.
Un dépassement une seule année ne vous fait pas automatiquement sortir du régime. C’est le dépassement des seuils pendant deux années consécutives qui entraîne la sortie du régime micro-fiscal à compter de l’année suivante. En revanche, la sortie de la franchise de TVA peut intervenir plus tôt : ne confondez jamais les deux mécanismes. Suivez donc vos encaissements mois par mois et anticipez les factures avec TVA si vous approchez des seuils applicables.
Le chiffre d’affaires déclaré se raisonne sur les sommes encaissées, pas simplement facturées. Une facture émise en décembre mais réglée en janvier sera en principe déclarée au moment du paiement. Cette règle facilite la trésorerie, mais elle impose de relancer les impayés et de conserver un suivi rigoureux de chaque règlement.
Le premier avantage est la simplicité. La création est accessible, les déclarations sont courtes et l’absence de cotisation calculée sur un chiffre d’affaires nul protège les débuts irréguliers. Le régime est également utile pour valider une idée auprès de vrais clients avant de construire une structure plus lourde. Vous pouvez faire évoluer votre entreprise individuelle vers un régime réel ou créer une société si l’activité prend de l’ampleur.
Ses limites sont tout aussi concrètes. Vous ne pouvez ni déduire vos charges réelles, ni amortir votre matériel. Les plafonds peuvent devenir contraignants, la protection sociale dépend du niveau de chiffre d’affaires et l’image du statut ne remplace pas une offre claire, des prix cohérents et des obligations professionnelles respectées. La CFE est généralement due à partir de la deuxième année d’activité, même si des exonérations existent selon votre situation et votre commune.
Avant de vous décider, comparez le montant de vos frais avec l’abattement forfaitaire applicable. Si vous prévoyez des dépenses supérieures à cet abattement, ou si vous voulez vous associer, une autre forme d’entreprise peut être plus adaptée. Notre dossier sur les formes juridiques d’entreprise vous aide à élargir la comparaison.
Oui. « Auto-entrepreneur » est l’ancienne appellation courante ; le terme légal est aujourd’hui micro-entrepreneur. Dans les deux cas, il s’agit du régime simplifié de l’entreprise individuelle.
Oui, sauf clause d’exclusivité valable ou concurrence déloyale envers votre employeur. Vérifiez votre contrat de travail et exercez votre activité indépendante en dehors de vos heures salariées.
En règle générale, non : les cotisations du micro-entrepreneur sont calculées sur les recettes encaissées et une déclaration à 0 entraîne 0 € de cotisations. La déclaration demeure obligatoire.
Oui. Vous pouvez y être soumis après dépassement des seuils de franchise ou opter volontairement pour la TVA afin de récupérer celle payée sur vos achats professionnels.
Sources
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